[AEI] – St Germain l’Auxerrois

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[AEI] – St Germain l’Auxerrois

Dimanche 10 avril, c’est par une chaleur estivale que quelques membres de la MT – Messe qui prend son Temps – se sont réunis sur le parvis de la paroisse des rois de France : l’église Saint Germain l’Auxerrois. Catherine vous raconte… 

Située face au Louvre, côté pont des Arts, cette église est aussi la paroisse des artistes. Lacordaire y fonda en 1839 la Société de Saint Jean au service de l’art sacré chrétien, plus connue dans l’histoire de l’art par sa section des Ateliers d’art sacré (1920-1964) dirigés par Maurice Denis, George Desvallières et Henri de Maistre. Mais le lecteur (mon semblable, mon frère) s’impatiente : « Dites, qu’avez-vous vu? » Entrerons-nous jamais dans cette église ?

Pardon, camarade, de vous faire languir sur le parvis (mais nous apprécions la chaleur estivale). Celle que nous venons voir y fut littéralement pétrifiée !

Une Égyptienne bien mystérieuse…

Entrons, c’est juste à droite, entre la Chapelle de Sainte Thérèse et celle de la Vierge , levez un peu les yeux… Voilà un sculpteur qui s’entendait à changer la pierre en chair. La suavité de la figure est rehaussée par sa simplicité . Une jeune femme, au corps gracieusement habillé par une longue chevelure , se tient dans une humble posture . Son visage recueilli est légèrement incliné vers trois pains qu’elle tient avec dévotion. Les hypothèses fusent : Eve, Marie-Madeleine….Vénus ? Aucune ne semble coller, on sort le smartphone pour confirmer une ressemblance avec une statue du Louvre : pas faux!MT - Messe qui prend son temps - Légende Dorée

Allez : tout droit sortie de La légende dorée de Jacques de Voragine, cette sculpture de pierre polychromée (fin XVème début XVIème) représente Marie l’Egyptienne, qui vécut au IIIe siècle à Alexandrie. Lorsqu’elle voulut pour la première fois de sa vie entrer dans une église, elle ne put faire un pas et resta immobilisée sur le parvis, les membres paralysés. Comprenant que son état de courtisane en était la cause, elle eut un si grand désir de communier qu’elle s’en alla vivre au désert pour faire pénitence.

Voilà pour la légende, et attention c’est là que ça devient « doré »: elle y vécut de ses trois pains pendant… quarante-six ans ! Juqu’à ce qu’un évêque bien inspiré vienne jusqu’à elle lui donner (enfin!) la sainte communion. Elle put alors mourir et là, tada! Un lion vint creuser sa tombe de toutes ses forces avec ses puissantes pattes et s’en retourna « doux comme un agneau ». On vous avoue qu’à ce stade de l’histoire on rigolait un peu, avec nos cerveaux parisiens du vingt et unième siècle, et on trouvait ça quand même un peu fort de café d’être cernés un dimanche après-midi entre le merveilleux chrétien et les subtilités du bestiaire médiéval. ( Sinon, des volontaires pour la prochaine sortie ?)

On a moins ri quand il a fallu se demander: « Comment ça me touche dans ma vie de chrétien aujourd’hui ? », « Que suscite en moi la contemplation de cette oeuvre d’art ? ». On a moins ri parce que merveilleux ou pas, cette statue est très touchante. Les traits sont nobles et délicats, la finesse du travail nous dit toute la tendresse et l’attention que l’artiste a porté à son oeuvre . Il y a des arbres derrière elle, qui font penser à la Genèse et au jardin d’Eden.

La visite continueMT - Messe qui prend son temps - descente de croix

La visite comportait aussi cette grande descente de croix :

Elle permettait de s’intéresser à la figure de Marie-Madeleine, entre écritures et traditions, autre sujet passionnant et surprenant, qu’il serait hélas trop long de développer ici !
Un court temps personnel pour visiter l’église et méditer permettait d’explorer individuellement les pistes suivantes: « Que m’inspire la vue de cette statue? Est-ce que je m’identifie ? » ou « Il n’est qu’Amour et Miséricorde : rester sur cette phrase de Sainte Thérèse de Lisieux, laisser revenir à ma mémoire les moments de ma vie où le Seigneur m’a montré son Amour et sa Miséricorde. »

Un café bien mérité !

Après la visite, les discussions on continué au café des Beaux-Arts. Il a été remarqué que la légende de Marie l’égyptienne insiste sur la radicalité de ce que cette femme a fait « juste pour pouvoir rentrer dans une église ». Les trois pains ont permis d’évoquer la symbolique du chiffre trois dans différentes cultures, de tradition chrétienne ou non.

MT Messe qui prend son temps - St Germain Auxerrois 2

Nous avons ensuite ouvert le débat sur les propositions culturelles du moment :

– Georges Desvallières au Petit Palais, qui vaut la peine d’être vue

– Le documentaire Demain (climat, être humain et nature)

Dîtes-nous en commentaire de cet article ce que vous préférez (ou des suggestions) ! 

Une dernière anecdote pour la route: cette Marie en cheveux était la patronne des drapiers de Paris, qui contribuèrent à l’édification de Saint Germain l’Auxerrois. La délicate statue de pierre peinte a depuis été placée à l’intérieur de l’église, mais une fidèle réplique orne toujours le porche extérieur, rappelant la légende de l’égyptienne.

Bonne année de la Miséricorde à tous, il reste encore six mois, ne restez pas sur le parvis !

Catherine

Coordinateur

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© La Messe qui prend son temps, une super messe - église Saint-Ignace - 33 bis, rue de Sèvres - 75006 Paris